Les annonces de Marc Fesneau en soutien à l’agriculture biologique sont accueillies positivement par nos structures. Cependant, les montants annoncés sont en-deçà des besoins chiffrés depuis un an. Nous attendons donc le troisième volet du plan de soutien à la Bio, que nous espérons plus structurel. Nous nous tenons à la disposition du Ministère pour y travailler.
Pour télécharger notre communiqué de presse FOREBio – FNAB – SYNABIO :
Une semaine après le rendez-vous des représentants des filières bio et des interprofessions avec le cabinet du Ministre de l’agriculture, les seules annonces ont été faites en catimini et sont loin de répondre aux attentes : 10 millions d’euros, soit 166 € par ferme (environ 58 000 fermes).
Les seules filières Lait, Porc, Fruits & Légumes Bio nécessiteraient une aide de 150mio€…
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Communiqué de presse (FOREBio / FNAB / Confédération Paysanne / Synabio) : le gouvernement méprise la Bio
Communiqué de presse de la Maison de la Bio – Filière bio & Salon de l’Agriculture : face à l’indifférence du Gouvernement pour la filière bio, La Maison de la Bio demande une aide de 300 millions d’euros !
Mardi soir, à quelques jours de l’ouverture du salon de l’agriculture, le cabinet du Ministre Marc Fesneau recevait les filières biologiques au grand complet. Cette réunion, que le Ministre n’a pas daigné honorer de sa présence, est le point d’orgue d’un an de discussions sur le soutien que l’Etat devrait apporter aux filières biologiques pour qu’elles surmontent la période de contraction du marché débutée en 2021. La conclusion est limpide et malheureuse : malgré l’objectif de presque doubler les surfaces bio en 5 ans, le soutien gouvernemental tant espéré ne vient pas.
En France les filières agricoles biologiques sont les seules qui ne méritent pas d’être soutenues !
Les acteurs de la bio n’ont eu de cesse depuis un an de devoir démontrer la réalité des difficultés, de les chiffrer, de proposer des mesures de soutien adaptées à chaque production. Pour obtenir toujours la même réponse : l’Etat français ne peut rien ! « Nous sommes en colère de nous être faits balader de bureau en bureau pour nous entendre dire que nous ne répondons jamais assez bien aux critères » explique Philippe Camburet, président de la FNAB.
Selon Mathieu Lancry (Président de FOREBio), « C’est la première fois que les filières bio demandent un accompagnement exceptionnel via des aides directes conjoncturelles. Nous avons un sentiment d’abandon de la part des pouvoirs publics qui laissent les structures économiques gérer seules les baisses de volumes, dans un contexte où nos collègues en conventionnel bénéficient régulièrement de plans d’aides (betteraves, porc, vin) ».
Rappelons-le, la Bio c’est 60 000 fermes (soit 10% de surfaces préservées de l’utilisation de pesticides de synthèse), 30 000 entreprises, 200 000 emplois dont 150 000 non délocalisables et plus de 13 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
La France prend le chemin inverse de son voisin allemand
Pendant que la France laisse les filières bio s’enfoncer dans la crise sans réagir, l’Allemagne adopte son nouveau plan bio avec une ambition de 30% de surfaces en 2030, 30% du budget de la recherche soit 35 millions d’euros et un engagement à financer l’aide au maintien dans les régions qui ne le feraient pas.
« Les agriculteurs, les transformateurs et les distributeurs se sont engagés depuis des années pour développer des filières bio en France. Ne pas les soutenir dans cette phase de tension serait un terrible gâchis, et une occasion ratée pour la transition écologique », alerte Didier Perreol, président du Synabio.
Les acteurs de la Bio demandent que la France agisse enfin en :
Adoptant une aide d’urgence 2023 pour les fermes et pour les acteurs des filières
Revalorisant le soutien sur le moyen terme avec un rebasculement dès 2023 des surplus PAC prévus sur les enveloppes conversion* vers l’éco-régime bio
Rendant contraignant l‘objectif de 20% de bio en RHD avant la fin de quinquennat
Engageant tous les acteurs agricoles et gouvernementaux dans la campagne de communication de l’Agence Bio #BioRéflexe
* La conversion a fortement ralenti en 2022, les enveloppes ayant été calibrées sur l’ancienne dynamique, un reliquat conséquent va apparaître chaque année.
Début Novembre, le gouvernement a annoncé la création d’un fonds pour une aide alimentaire durable de 60 millions d’euros pour 2023 à destination des plus démunis.
Pour que cette orientation ne reste pas un vœu pieux, FOREBio, aux côtés de Réseau Cocagne, la FNAB, et Synabio, appellent l’Etat à soutenir les projets répondant aux attentes qualitatives des personnes en situation de précarité pour une transition agro-alimentaire réellement sociale et écologique.
Forébio a signé aux côtés de la FNAB et du Synabio une lettre ouverte à destination des acteurs de la grande distribution pour les inciter à ré-intégrer les produits bio dans les rayons de leurs magasins afin de redynamiser la demande.
Alors que la sécheresse impacte fortement le volume des récoltes, les groupements de producteurs 100% bio doivent aujourd’hui faire face à deux nouvelles difficultés majeures : la très forte augmentation du coût de l’énergie et le renouvellement des contrats d’électricité sur des bases tarifaires hors normes, avec des délais de renégociation beaucoup trop courts.
Pour récolter, réceptionner, trier voire transformer puis conserver leurs productions, les filières céréales et maraîchères ont investi dans des installations respectueuses des normes sanitaires et environnementales. Le coût de l’électricité de ces installations est multiplié par 3 pour les maraîchers et jusqu’à 5 pour les céréales, soit 30 à 40 € supplémentaires par tonne collectée.
Pour les maraîchers bio de cultures de conservation, qui ne seront commercialisées qu’au printemps, les chambres froides sont indispensables pour stocker en toute sécurité les fruits et légumes. Des producteurs envisagent de modifier leur stratégie de stockage en vendant immédiatement faute de pouvoir supporter financièrement les coûts de l’énergie. Chez les céréaliers, certains envisagent de réduire leur activité, et même de fermer des silos, pour pouvoir survivre.
Avec comme effet immédiat une diminution des capacités de stockage et de conservation, la hausse du coût de l’énergie entraînera bien à moyen terme un risque pour assurer la souveraineté alimentaire de la France.
Pour nos groupements, la répercussion des hausses du coût de l’énergie sur les presque 1000 producteurs qui les approvisionnent n’est pas acceptable. Elle n’est pas non plus possible auprès de leurs clients, transformateurs de matières premières bio, eux-mêmes déjà impactés par les hausses.
C’est bien l’ensemble des acteurs de la filière qui est concerné. C’est l’avenir des filières biologiques qui risque d’être compromis, alors même que les pouvoirs publics investissent depuis des années pour développer la bio sur le territoire.
Il est urgent pour les pouvoirs publics de soutenir l’ensemble des entreprises de la filière bio, qui œuvrent depuis plus de 30 ans à développer une agriculture biologique responsable et durable. Il en va de le la survie de nos producteurs, des opérateurs économiques et de toute la filière biologique.
La Maison de la Bio et IFOAM-France soutiennent les 12 recommandations formulées par la Cour des Comptes dans son rapport sur le soutien à l’agriculture biologique. En effet, cette dernière souligne les multiples bénéfices environnementaux et sociaux de l’agriculture biologique, mais s’inquiète du grand retard pris par la France à l’égard de ses objectifs affichés et des ambitions européennes. L’ensemble des organisations biologiques françaises saluent ce travail rigoureux et constructif.
Le président de la République entame son second mandat en affirmant que « ce quinquennat sera écologique ou ne le sera pas ».
Pourtant jusqu’à aujourd’hui le gouvernement a échoué à atteindre les objectifs qu’il s’était fixé en matière de développement de l’agriculture biologique.
Ni l’objectif de 15% de surfaces en Bio au 1er janvier 2022, ni celui de 20% d’aliments bio dans les cantines à la même date n’ont été atteint. La profession agricole biologique attend donc de son nouveau ministre des annonces fortes et rapides pour que la Bio soit à nouveau une priorité politique.
Alors que le Salon International de l’Agriculture a ouvert ses portes, la Maison de la Bio et l’ensemble de ses membres ont décidé de prendre la parole en mettant en avant des mesures phares pour le prochain quinquennat.
Ces interventions nous semblent nécessaires dans un contexte d’évolution de notre modèle alimentaire global.
Les interprofessions souhaitent-elles l’effondrement de la Bio ?
Alors que le salon international de l’agriculture, grand évènement des interprofessions agricoles, ouvre ses portes, paysans et paysannes bio des réseaux FNAB et FOREBIO se posent la question du rôle que pourrait jouer ces structures pour agir contre le ralentissement des marchés biologiques. Entre petites phrases assassines et refus de financer des campagnes promotionnelles sur la bio, c’est à se demander si ces structures sont vraiment alignées sur l’objectif de 18% de SAU bio annoncé par le gouvernement pour 2027.
« Aujourd’hui, c’est le marché qui doit développer la Bio »
Dès le début du quinquennat le gouvernement a décidé que les agriculteurs et agricultrices ayant des pratiques plus favorables à l’environnement et à la santé ne seraient pas soutenus par des financements spécifiques de la politique agricole commune mais devaient se rémunérer par le marché. « Nos pratiques font économiser de l’argent public, sur la dépollution de l’eau ou sur la santé publique, mais contrairement à l’ensemble de l’agriculture, nous devons nous organiser avec le marché et donc les prix, dans un pays où 7 millions de personnes ont recours à l’aide alimentaire et où 5 à 10% des cancers sont liés à des facteurs environnementaux, c’est quand même ridicule » explique Philippe Camburet, président de la FNAB.
La Bio n’est pas reconnue au sein des interprofessions, outils de régulation du marché
Face à la baisse de la consommation que connaissent certaines filières biologiques il faut rappeler la promesse environnementale du label Bio[1], bien différente des allégations commerciales qui se multiplient. En France, c’est la mission des interprofessions d’assurer la promotion des produits agricoles. Elles sont autorisées à cette fin par l’Etat à prélever des taxes sur les productions[2]. Aujourd’hui la Bio ne bénéficie pas de ces budgets promotionnels. En 2021, le CNIEL a prélevé aux agriculteurs biologiques 2 millions d’euros de taxes et en a réinvesti à peine plus de 15% sur la Bio, du côté des fruits et légumes le marché bio pèse près de 2 milliards d’euros et l’interprofession ne met que 100 000 sur la Bio. « Nous sommes dans une situation intenable où le marché doit se développer seul et les interprofessions nous refusent les moyens des autres, alors que nous y contribuons comme tout le monde. Paradoxalement il n’est pas rare de voir des millions d’euros dépensés pour soutenir certaines filières. Ou bien ces interprofessions incluent la Bio dans leurs communications, ou bien nous nous battrons pour que les bios n’aient plus à payer ces taxes » conclut Mathieu Lancry, président de FOREBIO[3].
Nous demandons un moratoire sur les arrêtés ministériels autorisant les interprofessions à prélever les taxes dites Contributions volontaires Obligatoires (CVO).
Contact presse SIA : William Lambert – 06 03 90 11 19
Venez nous retrouver cette semaine au Salon de l’Agriculture sur le stand de l’Agence Bio – Hall 4.
[1] Etude Kantar janvier 2022 « comprendre le recul du lait bio et comment y répondre »